Présentation des championnats du monde des moins de 20 ans | Hockey Junior – Hockey sur glace


Après une édition 2021 en mode « bulle » pour cause de pandémie de Covid-19, l’IIHF organise une édition 2022… perturbée elle aussi par la pandémie, et encore en mode bulle, du moins côté joueurs. Le Canada phagocyte l’organisation et c’est à nouveau Edmonton qui accueille un groupe et le tour final, Red Deer participant également.

Cette fois, il y aura du public en tribunes, mais moins que prévu. Le 22 décembre, le gouvernement de l’Alberta a en effet émis des restrictions et limité la fréquentation à 50% de la capacité. Un coup dur de dernière minute pour Hockey Canada, qui aura donc organisé deux éditions de suite avec de faibles revenus. Un casse-tête pour l’organisation, qui doit faire face aux milliers de fans qui ont acheté des tickets pour les matchs sans pouvoir assister aux rencontres… Quels tickets sont encore valables, pour quels matchs, quelles solutions de repli ? Le flou règne, l’organisation privilégiant les spectateurs ayant acheté des packs à ceux ayant pris des tickets pour un seul match… Bref, les mécontents sont légion.

Un coup dur aussi pour les staffs des équipes NHL, qui devront limiter le nombre de scouts en tribunes – même si ce n’est pas l’événement le plus décisif pour eux, la plupart des participants étant déjà draftés. On attend tout de même 150 scouts à Edmonton et 120 à Red Deer, afin d’observer les quelques 25 joueurs éligibles pour la première fois, et la petite poignée éligible en 2023. Les Hurricanes de Carolina, avec 10 joueurs draftés, mènent la danse, et seront très intéressés de voir la progression de leurs jeunes talents. Detroit en compte 8, Florida, Minnesota et Los Angeles 6. Curiosité  Tampa Bay et les Islanders de New York n’en ont aucun…

Autre conséquence, le calendrier préparatoire a été sérieusement réduit : onze matchs étaient programmés – minimum deux par pays – et il n’y en aura que cinq, soit un chacun, le 23 décembre… et finalement seulement 4, le Suisse – République Tchèque ayant été annulé en raison d’un cas positif dans la sélection suisse.

L’IIHF a enfin pu organiser les Mondiaux des divisions inférieures, et il y aura bel et bien un relégué : l’Autriche et la Suisse, sauvées l’an dernier par ce gel des relégations, devraient à nouveau batailler pour ne pas descendre. C’est la Biélorussie qui s’est imposée en Division 1A et attend donc son sort pour l’édition 2023.

L’actualité a toutefois secoué l’IIHF, qui a annoncé l’annulation des tournois prévus en janvier : toutes les compétitions U18 féminines sont concernées, ce qui provoque des remous importants chez les médias et joueuses nord-américaines comme européennes. Ce Mondial U20 masculin fait donc grincer bon nombre de dents. Un caillou dans les chaussures du nouveau président Luc Tardif…

On rappellera le palmarès 2021 : victoire des États-Unis en finale 2-0 face au Canada, la Finlande s’emparant de la troisième place contre la Russie (4-1).

Groupe A à Edmonton

Canada

Flag of Canada.svgLe grand favori du tournoi espère reprendre sa couronne après une édition 2020 douce amère. Brillante en tour préliminaire puis en quart et demi finale (deux blanchissages de suite), les joueurs à la feuille d’érable sont tombés en panne sèche au pire moment : la finale contre « l’ennemi » américain. Pour ce tournoi 2022, Hockey Canada a du faire quelques choix, comme d’habitude. Privée de Quinton Byfield, blessé à la cheville en octobre et qui n’aurait de toute façon pas forcément été libéré par Los Angeles, le staff s’appuiera avant tout sur le seul attaquant de retour par rapport à l’an dernier : Cole Perfetti. L’attaquant espoir de Winnipeg (drafté 10e en 2020) faisait partie de l’effectif champion du monde senior à Riga au printemps dernier. En sa compagnie, pléthore de joueurs draftés au premier tour, parmi lesquels Dylan Guenther (Arizona), un pur buteur, mais aussi Xavier Bourgault (Edmonton) et Mason McTavish, numéro 3 de la dernière draft. Ce dernier a débuté en NHL à Anaheim cette saison.

En vue également, Mavrik Bourque (Dallas) et Kent Johnson – star de l’université du Michigan, 5e choix de Columbus l’été dernier – ou encore Jake Neighbours, auteur de son premier but NHL avec St. Louis. Le Canada a complété avec des joueurs de devoir comme Ridley Greig (Ottawa), Elliot Desnoyers (Philadelphie) ou Justin Sourdif (Florida), ou encore le petit gabarit de Logan Stankoven (Dallas). La curiosité viendra des joueurs pas encore draftés : Shane Wright, candidat au titre de n°1 de la prochaine draft, et Connor Bedard, né en 2005 et favori de la draft 2023. Bedard perce l’alignement à seize ans, comme seuls une poignée de joueurs l’ont réussi par le passé (Wayne Gretzky, Bill Campbell, Eric Lindros, Jason Spezza, Jay Bouwmeester, Sidney Crosby et Connor McDavid). Enfin, on notera l’éviction d’Hendrix Lapierre, qui a pourtant débuté en NHL à Washington, après un camp très décevant, et les absences de Cole Sillinger, titulaire indiscutable à Columbus, de Seth Jarvis (Carolina) et de Jamie Drysdale, retenu par Anaheim.

Cette attaque homogène sera propulsée par une défense de talent, conçue autour du numéro 1 de la dernière draft Owen Power (Buffalo) – champion du monde senior à Riga – et de l’espoir de Montréal Kaiden Guhle, désigné capitaine. Le reste de la défense apparait moins spectaculaire, mais Donovan Sebrango (Detroit) joue déjà en AHL, Olen Zellweger (Anaheim) affiche une belle constance en WHL, alors que Carson Lambos, Ryan O’Rourke (tous deux Minnesota) et l’offensif Lukas Cormier (Vegas) complètent le banc. Plus surprenant, Team Canada n’a même pas invité au camp l’arrière offensif Brandt Clarke, premier choix des Kings l’été dernier.

Dans les cages, Sebastian Cossa, premier tour de draft de Detroit, devrait partager le temps de jeu avec Dylan Garand, qui a déjà joué l’édition 2021 et vient de signer avec les Rangers de New York. Brett Brochu sera le numéro 3. Sous la direction de Dave Cameron, déjà aux manettes l’an dernier, ce groupe apparait comme le grandissime favori du groupe. L’enjeu pour les Canadiens se situe plus tard… Le seul match de préparation fut riche d’enseignements : un succès 6-4 contre la Russie avec un doublé de McTavish et des buts de Greig, Johnson, Cormier et Bedard.

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Finlande

FinlandeRégulièrement sur le podium, la Finlande propose toujours un jeu collectif très solide, basé sur des gardiens de valeur et un système défensif bien en place. C’est ce qui leur a permis de décrocher l’or en 2019 et le bronze en 2021. Au final, la Finlande a remporté trois médailles d’or en neuf ans, autant que le Canada et les États-Unis… L’équipe 2022 n’affiche sans doute pas le même potentiel de superstar – Anton Lundell, auteur d’un doublé pour le bronze et de six buts en sept matchs, n’est plus éligible – mais encore une fois, prendre la Finlande de haut serait une erreur.

Avant tout, le deuxième choix de Pittsburgh, Joel Blomqvist, gardera les cages. Malgré une blessure en début de saison, il compte huit matchs de Liiga sous les couleurs de Kärpat pour une fiche de 0.73 buts encaissés, 96,4% d’arrêts et 3 blanchissages !

La défense compte encore dans ses rangs Topi Niemelä, désigné meilleur défenseur de l’édition 2021. Le troisième tour de Toronto compte 22 pts en 27 matchs de Liiga… Plusieurs autres défenseurs ont remporté le bronze l’an dernier et seront de retour, faisant de la défensive finlandaise la plus expérimentée du tournoi : Kasper Puutio (Florida), Ruben Rafkin et Eemil Viro (Detroit). On suivra aussi Aleksi Heimosalmi (Detroit), installé à Ässät en Liiga (22 matchs), et Ville Ottavainen (Seattle).

En attaque, les clés seront confiées à Joakim Kemell. Le phénomène de 17 ans sera cependant convalescent, lui qui a manqué un mois de compétition. Une bouffée d’air frais tant le pur buteur, doté d’un tir de volée spectaculaire, impressionne : 12 buts en 18 matchs en Liiga. Derrière lui, les armes ne manquent pas. L’espoir de Toronto Roni Horvinen dispute sa troisième saison de Liiga et a toujours produit avec l’équipe nationale (6 pts en 7 matchs l’an dernier). On suivra aussi le géant Samuel Helenius (1m99, Los Angeles), déjà présent l’an passé, le rapide Roby Järventie (Ottawa), l’espoir de Carolina Ville Voivinen, celui des Kings Kasper Simontaival (3 buts l’an dernier), celui des Rangers Kalle Väisänen et le Canado-finlandais Brad Lambert, éligible pour la prochaine draft.

Le joker de l’équipe devait être Aatu Räty, qui avait chuté à la draft après une saison poussive, et domine les tournois internationaux cette saison avec 20 pts en 11 matchs… mais il sera forfait, maintenu en protocole Covid par son équipe en Finlande. Le coach Antti Pennanen sait malgré tout que son équipe a un coup à jouer, après avoir fini deuxième du tournoi des 4 Nations en novembre, seulement battue par la Russie. Le match de préparation face aux États-Unis a tourné en leur faveur, avec un succès 4-3 en prolongation sur un but de Hirvonen. L’équipe était menée 3-1, mais a inscrit trois buts lors d’une pénalité majeure américaine en fin de match et début de prolongation. L’inquiétude concerne toutefois Kemell, victime d’un choc à la tête sur cette pénalité…

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Allemagne

AllemagneLa sélection allemande avait surpris son monde en 2021. Battue par la Finlande et écrasée 16-2 par le Canada alors que l’effectif était diminué par des cas de Covid-19, la sélection germanique avait ensuite piégé la Slovaquie en prolongation et arraché sa qualification en quart en battant la Suisse. C’est là que l’exploit a manqué de peu de faire les gros titres, avec une courte défaite 2-1 face à la Russie.

Seulement… Tim Stützle, JJ Peterka et Lukas Reichel ne seront pas là, privilégiant leurs saisons en NHL ou AHL avec accord de la fédération allemande, et, soudainement, le potentiel offensif affiche moins de promesses, avec le seul Florian Elias de retour. Pire, le grand espoir Julian Lutz est forfait sur blessure.

L’équipe ne compte donc plus vraiment de stars, mais espère s’appuyer sur une formation homogène où, curiosité inédite, les quatre centres évoluent déjà en DEL. Derrière Elias, les trios seront pilotés par Joshua Samanski, Alexander Blank – meilleur pointeur junior en DEL avec 10 pts en 28 matchs – et Danjo Leonhardt. On trouve également plusieurs joueurs qui apporteront leur expérience de l’édition précédente, tels Jakub Borzecki, Markus Schweiger et Justin Volek, tous efficaces dans les tournois internationaux cette saison. L’équipe allemande ne devrait pas non plus être facile à intimider avec le gros gabarit de Bennet Roßmy, qui évolue à Berlin. On citera enfin Josef Eham, auteur de 29 pts en 27 matchs en Autriche, ou le petit attaquant Yannik Burghart, buteur à 14 reprises en 12 matchs du championnat U20.

Le coach Tobias Abstreiter s’appuiera en défense sur trois joueurs de retour : Maximilian Glötzl, Maksymilian Szuber et Luca Münzenberger ce dernier drafté par Edmonton au troisième tour, et évoluant à l’université du Vermont. Arkadiusz Dziambor, qui compte 27 matchs de DEL avec Mannheim, et Fabrizio Pilu (23 matchs avec Nuremberg) complètent les lignes arrières. Le joueur à surveiller sera Adrian Klein, 18 ans et solide gabarit, qui affiche déjà 10 matchs de DEL avec Straubing.

Les deux gardiens ont l’expérience du tournoi : Arno Tiefensee et Florian Bugl, ce dernier ayant fini l’édition 2021 après un temps de quarantaine et remporté les deux victoires. Le duo pourrait toutefois être devancé par Nikita Quapp, seul gardien U20 à avoir évolué en DEL cette saison (8 matchs). L’objectif quart de finale apparaît réaliste, mais il faudra gagner le match le plus important de ce premier tour, face à l’Autriche – et, on l’a vu au tournoi de qualification olympique femmes, l’Autriche adore piéger l’Allemagne. En préparation, la sélection allemande s’est inclinée 4-0 face à la Slovaquie, concédant trois buts en supériorité numérique.

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Rép. Tchèque

République TchèqueAucune médaille depuis 2006 pour les Tchèques, qui peinent à franchir les quarts depuis 2018 – ils ont fini septième trois fois de suite. L’équipe s’est installée dans un ventre mou, guère menacé pour le maintien, mais pas vraiment dans le coup face aux gros poissons.

La clé se situe en attaque, avec le duo Jan Mysak-Pavel Novák qui connaissent bien les glaces nord-américaines. Le capitaine Mysak évolue à Laval, la filiale de Montréal en AHL depuis l’an dernier et a signé 31 pts en 25 matchs cette saison. Surtout, il est réputé pour son jeu dans les deux sens de la glace. Novák, drafté par le Wild, compte pour sa part 31 pts en 24 matchs avec Kelowna en WHL. Derrière eux, citons Michal Gut, attaquant d’Everett en WHL (32 pts en 24 matchs), dont la qualité de protection de palet et le jeu de passe pourraient être décisifs. Enfin, Jakub Konecny (Buffalo) et Josef Kolacek ont pour eux l’expérience de l’élite tchèque et Jakub Kos (Florida) et Martin Rysavy (Columbus) ont bénéficié de la draft NHL.

L’attraction se situera en défense, avec David Jiricek, 18 ans et éligible pour la draft 2022 où il figure dans le top-15 potentiel. Mobile, habile avec le palet et doté d’une vision du jeu remarquable, il devrait servir de tour de contrôle, fort de ses matchs en élite tchèque (67 matchs en trois saisons) et de sa participation à l’édition 2021. Stanislav Svozil (Columbus), Michael Krutil (Chicago), et Jakub Sedivy sont les autres noms à suivre, pour ce qui constitue le point fort de l’équipe.

Nick Malik ne sera pas présent dans les buts. Le fils de l’ancien défenseur NHL Marek évolue en Liiga finlandaise, avec un pourcentage d’arrêt de 92,5%… et a annoncé début décembre qu’il privilégiait sa carrière en club, afin de ne pas perdre sa place de titulaire à Kookoo! Jakub Málek, espoir des Devils titulaire en 2e division tchèque où il affiche les meilleures statistiques de la ligue, sera le numéro 1, en concurrence avec Jan Bednar (Detroit).

Parole à la défense et au poste de gardien donc, pour une formation tchèque moins flamboyante sur ses lignes d’attaque. Cela devrait suffire pour décrocher une place en quarts, et espérer jouer les troubles fêtes.

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Autriche

Austria FlagSauvée par l’absence de relégation l’an dernier, l’Autriche n’aura pas la même chance cette fois-ci et semble nettement en dessous, privée de sa star Marco Rossi, plus éligible. Ce sera la quatrième « vraie » apparition au mondial élite et il faudra faire bien plus pour espérer quelque chose. L’an dernier, l’Autriche n’a inscrit qu’un seul but en quatre matchs… pour 29 encaissés.

L’expérience acquise l’an passé fera-t-elle la différence ? Onze joueurs sont en effet de retour, et ils bénéficient de leur pépite Marco Kasper. Déjà présent l’an dernier à 16 ans seulement (1 assistance), Kasper évolue en élite suédoise et compte 4 buts et 6 pts en 24 matchs avec Rögle, ainsi que 2 buts et quatre passes en neuf matchs de Champions Hockey League. Son père, Peter, ex-défenseur et actuel coach de Klagenfurt, compte cinq championnats du monde et une participation aux Jeux olympiques 2002.

À ses côtés, cinq joueurs expérimentés complètent le top-9. Lucas Thaler et Mathias Böhm jouent en ICEHL, Finn van Ee en AlpsHL et Leon Wallner en Suède, du côté de Södertälje. On suivra aussi Senna Peeters, joueur de Halifax en ligue du Québec (3 buts, 13 pts en 26 matchs) – et seul buteur autrichien lors du mondial junior 2021 -, pour son troisième tournoi, et Vinzenz Rohrer, auteur de 22 pts en 28 matchs avec Ottawa en OHL. Enfin, Luca Auer brille dans le système de Salzburg, comptant notamment 40 pts en 27 matchs avec les Red Bull Juniors.

Si l’attaque compte donc des atouts, la défense semble largement en dessous. Lukas Necesany est le seul joueur de retour. Martin Urbanek est l’un des seuls de 19 ans, autant dire que le reste est très jeune. Luca Erne connaît le jeu nord-américain (il joue en USPHL, une ligne junior américaine), et Lorenz Lindner joue lui en AlpsHL. On citera aussi David Reinbacher qui a débuté en élite suisse cette saison, à 17 ans.

Derrière ce rideau inexpérimenté, les gardiens devront réaliser des exploits. Sebastian Wraneschitz sera sans aucun doute le titulaire après avoir réalisé des miracles l’an dernier : 61/65 contre la Suède, 54/61 face aux Tchèques, par exemple. Il évolue cette saison en WHL. Pour l’Autriche, le match contre l’Allemagne vaut tout l’or du monde : une seule victoire et le maintien sera acquis, ce qui est sans doute plus envisageable que de battre le 5e du groupe B deux fois. La faiblesse autrichienne est apparue criante dans le seul match de préparation, avec une déroute 7-0 contre la Suède, et un compteur de tirs de 50-7…

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Groupe B

États-Unis

Flag of the United States (Pantone).svgTenants du titre, les Américains sont plus que jamais candidats à leur propre succession. Réaliser le doublé ne leur est jamais arrivé, et aucun pays n’a réussi cet exploit depuis 2009. Le coach Nate Leaman et son staff sont de retour, mais les stars de 2021 (le gardien Spencer Knight et l’attaquant Trevor Zegras) ne sont plus éligibles.

Six joueurs sont cependant de retour, y compris le numéro 2 de la dernière draft, l’attaquant de Michigan Matty Beniers, drafté par Seattle. Ce dernier avait eu un rôle de soutien, et sera cette fois chargé d’animer la première ligne, fort de ses 11 buts et 19 pts en 16 matchs en NCAA. Absent en revanche, le malchanceux Thomas Bordeleau. L’espoir des Sharks et fils de l’ancien international français Sébastien, avait manqué le tournoi 2021 car il était cas contact, son coéquipier de chambre étant positif au Covid-19. Il manquera l’édition 2022 car il est lui-même positif…

Il reste cependant du monde en attaque. Les premiers choix de draft Matthew Coronato (Calgary), un pur sniper, Chaz Lucius (Winnipeg) et Mackie Samoskevich (Florida) auront des responsabilités importantes, tout comme le costaud Matthew Knies (Toronto). On observera aussi la progression de Sasha Pastujov (Anaheim), auteur de 20 buts et 35 pts en 26 matchs avec Guelph en OHL, de Brett Berard (Rangers) et de Tanner Dickinson (St. Louis), qui compte 33 pts en 24 matchs en OHL. Les scouts suivront Logan Cooley, éligible en juin prochain, au style de jeu proche de celui de Beniers.

En défense, la star sera Jake Sanderson, drafté 5e par Ottawa l’été dernier, et candidat au titre de meilleur arrière du tournoi (6 buts, 19 pts en 15 matchs NCAA). Luke Hughes, 4e choix par New Jersey, qui évolue dans le Michigan, devrait piloter la deuxième paire et le jeu de puissance (7 buts et 18 pts en 20 matchs). La mobilité est le maître mot de l’escouade défensive, avec des profils comme Brock Faber (Los Angeles) et Scott Morrow (Carolina). Tyler Kleven (Ottawa) apportera l’impact physique.

Dans les cages, Drew Comesso (Chicago) sera dans doute titulaire, avec de meilleures références que Dylan Silverstein, 17 ans mais plein de promesses, et Kaidan Mbereko. Comesso connait cependant une saison décevante avec Boston University, et laisse donc cette sélection américaine avec un point d’interrogation à ce poste. Face aux attaques de feu de la Russie et de la Suède, et une sélection slovaque intrigante, les États-Unis auront fort à faire.

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Russie

Flag of Russia.svgLa Russie a choisi un nouvel entraîneur : l’ancien défenseur NHL Sergei Zubov dirigera la sélection U20 pour la première fois au Mondial. Son baptême du feu s’est terminé par la victoire au tournoi des 4 Nations en novembre. La médaille d’or, qui échappe au pays depuis plus de dix ans, sera bien sûr le principal objectif, et l’effectif semble en mesure de pouvoir le décrocher s’il s’extrait correctement du « groupe de la mort ». L’an dernier, sous la direction du « professeur » Igor Larionov, l’équipe avait fait preuve d’inconstance : victoire contre les Américains en ouverture, défaite contre les Tchèques, avant de vivre deux déroutes, 5-0 contre le Canada en demi-finale, puis 4-1 face aux Finlandais pour le bronze.

Pour autant, la fédération a choisi de se passer de tous les Russes évoluant en Amérique. Exit donc les excellents espoirs Daniil Chayka, Yan Kuznetsov (présents l’an dernier), Matvei Petrov et Daniil Guschkin… Un choix aux teintes politiques. Ivan Miroshnichenko n’a pas non plus été sélectionné, lui qui connaît une saison délicate en sénior même sa puissance a toujours été redoutable chez les juniors.

La clé de voûte de l’équipe restera donc le gardien Yaroslav Askarov (Nashville), premier choix de draft, qui disputera son troisième mondial junior. Il n’a jamais vraiment brillé dans cette compétition et ses performances seront particulièrement surveillées.

Devant lui, le géant Shakir Mukhamadullin et ses 100 matchs de KHL, drafté au premier tour et qui vient de signer avec le New Jersey, devrait avaler les minutes, en compagnie de Kirill Kirsanov (Los Angeles) et Nikita Novikov (Buffalo). Les scouts évalueront pour leur part les jeunes Vladimir Grudinin et Arseni Koromyslov. Hormis Grudinin, aucun défenseur n’affiche de réelle prédispositions offensives – même si Mukhamadullin peut jouer ce rôle grâce à son tir puissant -, et le groupe dans son ensemble apparait comme le point faible de l’équipe.

Les armes se situent ailleurs : dans un top-6 spectaculaire. Vasili Ponomaryov (Carolina), déjà là l’an dernier, et Danila Yurov (éligible 2022) mèneront la danse, avec à leurs côtés Fyodor Svechkov (Nashville) – centre aux qualités défensives reconnues – et Nikita Chibrikov (Winnipeg).

L’attraction ? Matvei Michkov. Né en 2004 et éligible à la draft 2023, il écrase la ligue junior russe MHL (28 pts en 11 matchs) et a déjà été promu en KHL, où il compte 2 buts et 5 pts en 13 matchs pour le SKA St. Petersbourg. Écœurant lors du mondial U18 au printemps dernier (12 buts et 16 pts en 7 matchs), Michkov est la nouvelle star du hockey russe et a déjà marqué un doublé en préparation face aux Canadiens… Marat Khusnutdinov (Minnesota) a pour sa part percé l’alignement du SKA St. Petersbourg avec 11 pts en 29 matchs de KHL, et avait marqué 5 pts en 7 matchs au mondial U20 l’an dernier. On se souvient que son but en prolongations face à la Suède avait mis fin à la série de 54 victoires consécutives en tour préliminaire. La Russie vise l’or, mais a-t-elle réellement les moyens de ses ambitions ?

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Suède

SuèdeS’il y a un pays qui cherche la rédemption, c’est bien la Suède. Irrésistible depuis des années en tour préliminaire, les Suédois calent trop souvent en quarts de finale ou lors des tours à médailles. Ce fut encore le cas en 2021, avec la fin de leur série de 54 matchs sans défaite, et une piteuse élimination 3-2 en quarts face au voisin finlandais. La dernière médaille d’or remonte donc à 2012… depuis, l’argent trois fois, le bronze deux fois.

Pour sa dernière à la tête des U20, le coach Tomas Montén peut s’appuyer sur quelques stars potentielles, mais moins de densité qu’habituellement. Dans les cages, Jesper Wallstedt (Minnesota) s’annonce comme l’un des meilleurs gardiens du tournoi, lui qui avait partagé la cage avec Hugo Alnefelt l’an dernier. Son remplaçant Calle Clang (Pittsburgh) pourrait lui aussi fouler la glace, mais dans un groupe aussi compliqué, ce n’est pas certain.

La défense ne compte qu’un seul joueur de retour : Emil Andrae, promu capitaine. L’espoir des Flyers a progressé offensivement en Allsvenskan avec HV71 (16 pts en 21 matchs) et devrait cumuler les minutes. Derrière lui, on suivra Simon Edvinsson (Detroit), qui s’est installé en élite avec Frölunda. C’est après que le banc séduit moins, avec le petit gabarit de Joel Nyström (Carolina), en vue avec Färjestad, ou encore Helge Grans, auteur de 8 pts en 16 matchs avec la filiale AHL de Los Angeles. Leo Lööf (St. Louis) apportera pour sa part l’impact physique.

L’attaque propose une belle diversité, mais devra se passer de Lucas Raymond (Detroit) occupé à terroriser les défenses NHL. Tous les attaquants sauf deux sont déjà draftés par des équipes NHL, dont cinq au premier tour. Les fers de lance ont déjà débuté en NHL cette saison : William Eklund (San Jose), finalement renvoyé en élite suédoise, et le sniper Alexander Holtz (New Jersey), productif en AHL avec Utica. Le duo se connait bien, et leur alchimie devrait bien aider l’équipe – même si l’entente Holtz-Raymond était encore plus exceptionnelle, au point qu’on les surnommait les « jumeaux ». Eklund avait manqué le tournoi 2021 à cause du Covid-19, et disputera donc sa première édition. Reste à trouver le troisième élément. Ce sera peut être le premier tour de draft Oskar Olausson (Colorado), étincelant avec Barrie en OHL (25 pts en 22 matchs). On suivra aussi Fabian Lysell (Boston), Theodor Niederbach (Detroit) et Zion Nybeck (Carolina), meilleur pointeur de la sélection cette saison. Le petit gabarit de Isak Rosén, drafté 14e cet été (Buffalo) pourrait être une carte cachée. On suivra enfin le grand gabarit de Daniel Torgersson (Winnipeg) et Daniel Ljungman (Dallas). L’un des deux non draftés, Åke Stakkestad, séduit le staff depuis plusieurs semaines et a participé à de nombreux matchs internationaux cette saison.

Le seul match de préparation, gagné 7-0 contre l’Autriche avec sept buteurs différents, n’a pas vraiment apporté beaucoup de réponses. On imagine mal de toute façon une Suède sortie au premier tour. Comme beaucoup, son tournoi commencera en quarts.

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Slovaquie

Flag of Slovakia.svgLa Slovaquie n’avait pas autant attiré les recruteurs depuis des années. Équipe la plus attendue du groupe, elle compte en effet quelques uns des espoirs les plus remarquables des prochaines draft, au point que l’on hésite pas à parler de génération dorée – ou plutôt argentée, la couleur du métal récolté par la Slovaquie dans le prestigieux tournoi Hlinka-Gretzky U18 cet été, seulement battue par la Russie. Le pays n’a guère eu de résultats depuis plusieurs années : ils n’ont pas franchi les quarts depuis 2015, et se battent plus souvent pour le maintien qu’autre chose – pas mieux que 7e depuis le bronze de 2015. Mais cela pourrait changer cette saison, avec un effectif très jeune : 9 joueurs de moins de 18 ans, dont deux de 16 ans… tout en cumulant une forte expérience du tournoi, puisque certains d’entre eux étaient déjà là l’an dernier.

En attaque, le 1m92 de Juraj Slafkovský est positionné dans le top-15 pour la draft NHL 2022. Il évolue en Finlande depuis trois ans, et a débuté en Liiga pour TPS cette saison, signant son premier but (4 pts en 20 matchs). Il n’avait pas marqué lors de l’édition précédente, mais a aussi participé au mondial senior en Lettonie, une expérience précieuse. À ses côtés, les arguments sont intéressants. On y trouve Martin Chromiak (Los Angeles) et Jakub Demek (Calgary) et un autre potentiel top-15 de draft, Filip Mešár, auteur de 9 pts en 20 matchs en élite slovaque avec Poprad. Plusieurs joueurs évoluent dans les ligues juniors canadiennes, tels Matej Kašlík (27 pts en 28 matchs avec Chicoutimi) et Servác Petrovský (20 pts en 25 matchs OHL), ce dernier éligible en 2022. Oleksii Myklukha s’occupera des tâches plus défensives, et Maroš Jedlička apportera son énergie dans les deux sens du jeu. Côté très jeune, Dalibor Dvorsky, né en 2005, affole les compteurs avec 27 pts en 20 matchs en U20 suédois, sous les couleurs d’AIK. Il a même débuté en Allsvenkan, la D2 suédoise.

La défense est expérimentée : cinq joueurs étaient de l’édition 2021. Samuel Kňažko (Columbus) en sera le fer de lance. Šimon Bečár devrait l’accompagner sur la première paire. Le plus attendu est le grand espoir Šimon Nemec, considéré comme l’un des meilleurs défenseurs disponibles pour la prochaine draft. Nommé assistant capitaine, il a signé 19 pts en 37 matchs avec Nitra l’an dernier, et en est à 13 en 22 matchs cette saison. On l’a par ailleurs aperçu au mondial junior 2021 (4 passes) puis senior en Lettonie, où il a signé une assistance en cinq matchs. Deux autres défenseurs jouent en junior finlandais : Rayen Petrovický et Maxim Strbak.

Šimon Latkóczy gardera les cages, lui qui avait réalisé un tournoi très honorable l’an dernier (92,2% d’arrêts). Il joue en USHL, tout comme son remplaçant Ratislav Elias. La Slovaquie peut jouer les trouble-fête, mais visera avant tout le match face aux Suisses afin d’atteindre les quarts et s’éviter trop de stress pour le maintien.

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Suisse

SuisseIl n’y a pas eu préparation plus perturbée que celle de la Suisse, et ce n’est pas de bon augure dans une poule aussi difficile. L’entraineur Marco Bayer a dû se creuser la cervelle à peine arrivé à Red Deer. Le premier entraînement a tout d’abord dû être reporté, les bagages étant arrivés en retard. Les Suisses ne sont montés sur la glace que samedi 18 et préparaient leur match de pré-tournoi face aux Tchèques prévu le jeudi 23… Match finalement annulé, suite à la détection d’un cas de Covid-19 au sein de la Nati ! Les joueurs ont été confinés 48h, et ont repris la glace le jour de Noël, sauf deux joueurs. Pas évident pour Bayer, qui n’avait pas encore finalisé son effectif et va devoir le faire sans aucun match disputé.

La Suisse ne compte que deux joueurs draftés par des équipes NHL, le défenseur Brian Zanetti (Philadelphie) et l’attaquant Simon Knak (Nashville). Malgré tout, la plupart des joueurs sont déjà rompus aux joutes professionnelles. L’un des joueurs à suivre sera Lian Bichsel, défenseur évoluant à Leksands en Suède. Après 7 pts en 11 matchs en junior, il a été promu cette saison en élite et compte 12 matchs en SHL. Ce grand gabarit devrait par ailleurs gérer la relance et le jeu de puissance et sera sous le microscope des scouts, qui l’envisagent en fin de premier tour en juin prochain. Autre nom en défense, Noah Meier, déjà présent l’an dernier, qui alterne entre LNA avec Zurich et la réserve des Lions pour laquelle il compte 18 pts en 24 matchs. Enfin, deux défenseurs jouent au Canada dans les ligues juniors, Vincent Despont (Saint John, LHJMQ) et Maximilian Streule (Winnipeg, WHL), mais il ne faudra pas compter sur eux pour le jeu offensif…

L’attaque tournera autour de Knak, ancien capitaine des sélections U16, U17 et U18. Il participe à son troisième mondial junior, et a inscrit 3 buts sur ses neuf matchs disputés. Il évolue cette saison en LNA à Davos, où il compte 3 buts et 8 pts en 25 matchs. Il connaît bien les glaces nord-américaines, fort d’une petite expérience à Portland en WHL avant la pandémie. On suivra avec attention Lorenzo Canonica, qui joue à Shawinigan en ligue du Québec (27 pts en 29 match). Lui aussi a participé au mondial junior 2021 et affiche de belles qualités de passe. Encore faudra-t-il trouver des finisseurs à côté de ces deux talents en attaque… Fabian Ritzmann est l’autre attaquant à surveiller, de part son gabarit imposant (1m91) et sa courte expérience à Davos en LNA, même s’il n’est pas réputé pour sa finition.

Dans les buts, la situation ne semble pas vraiment tranchée. Le plus jeune, Kevin Pasche, évolue en USHL et semble avoir un pas d’avance sur Noah Patenaude, titulaire en ligue du Québec, et Loïc Galley, qui joue en junior suisse. Pasche a réalisé une performance très solide lors du mondial U18 au printemps dernier. Le staff testera peut être les trois face aux « gros », avant de trancher pour le match décisif contre la Slovaquie.

Comme souvent, la Suisse s’appuie sur un collectif solide, qui ne lâche pas grand chose défensivement, mais peine à faire la différence offensivement. La neuvième place l’an dernier traduit cela avec 20 buts encaissés pour 5 marqués en quatre matchs, et on imagine mal que l’équipe puisse faire mieux que sa 4e place en 2019. Se qualifier en quarts serait déjà un exploit et les observateurs imaginent plutôt le duel pour la relégation contre le 5e du groupe A…



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