La légende de Reggie Dunlop : Le côté joueur-entraîneur de Martin St-Louis raconté par ses anciens coéquipiers à Tampa


Lorsque Martin St-Louis a été nommé entraîneur-chef du Canadien, le 9 février, beaucoup de gens dans le monde du hockey ont été éberlués. Mais pour ceux qui ont joué avec ou qui ont entraîné ce membre du Temple de la renommée, ce n’était que la suite logique des choses.

« On était quelques-uns à plaisanter et à l’appeler « Reggie » – Reggie Dunlop, le joueur-entraîneur », a raconté le capitaine du Lightning Steven Stamkos.

Dunlop était le personnage emblématique de Paul Newman dans Slap Shot, un vétéran grisonnant qui était le joueur-entraîneur des Chiefs de Charlestown et qui avait les vestons les plus pittoresques qui soient.

Apparemment, St-Louis avait plus de points communs avec Dunlop qu’on pourrait se l’imaginer.

« Marty devait probablement porter un affreux complet à carreaux et décidait des jeux entre les périodes avant que les entraîneurs n’arrivent », a suggéré Teddy Purcell, son ancien coéquipier à Tampa.

« Et ça a collé. »

Personne ne peut dire avec certitude qui a trouvé le surnom de “Reggie”, bien que Purcell et Ryan Malone soient les suspects les plus plausibles. Les blagues sur les complets étaient le bout amusant de la comparaison.

« Ils étaient tellement amples, dit Purcell. Il aurait pu sauter du plafond de l’aréna et atterrir en douceur sur la glace parce qu’ils auraient fait office de parachute. »

St-Louis revient à Tampa samedi alors que le Canadien affronte le Lightning. En essayant de découvrir ce qui a fait naître la légende de Reggie, ses anciens coéquipiers et coachs nous ont dressé le portrait d’un joueur déterminé qui s’est préparé toute sa vie à ce poste d’entraîneur.

Teddy Purcell : Pendant tout le temps où on a dû l’écouter sur la glace et apprendre de lui, il a lui aussi appris de nous, et il a fini par aller chez le tailleur pour obtenir de nouveaux complets ajustés. Ça se traduit probablement dans sa façon de coacher. Il donne et il prend, il est toujours prêt à apprendre. Ce n’est pas un je-sais-tout.

Victor Hedman : Il a toujours été un joueur-entraîneur. Je me souviens qu’il était dur avec moi parce qu’il voyait mon potentiel. Il me montrait des vidéos, il me montrait des choses sur la glace, des petites choses qui m’ont marqué. Il était une sorte de coach pour moi, et ça s’est transposé dans son travail maintenant avec Montréal, où il donne confiance à ce groupe-là.

Zenon Konopka : Il prenait le temps de travailler sur son propre jeu et après l’entraînement, il me donnait des trucs. J’étais un gars qui me battait et qui était envoyé pour gagner des mises au jeu, mais pour qu’un gars comme lui qui a gagné le trophée Hart passe du temps avec un batailleur de quatrième trio, ça en dit beaucoup.

Après sa retraite en 2015, St-Louis est retourné à Tampa de temps à autre et a toujours montré un vif intérêt pour les questions de coaching. Jeff Halpern, entraîneur-adjoint du Lightning, se souvient d’un moment en particulier. C’était au cours de l’automne 2018, alors que St-Louis était en ville pour une conférence de presse avant son intronisation au Temple de la renommée du hockey en novembre. St-Louis avait passé son temps à rôder autour du bureau des entraîneurs.

Jeff Halpern : On avait passé une heure sur un seul segment vidéo. Ce qu’il voyait, ce que je voyais. Il pouvait voir le jeu et l’espace différemment. Je me souviens d’un jeu spécifique où J.T. (Miller) avait la rondelle et où (Nikita Kucherov) et Stammer avaient pris des chemins que, selon moi, ils n’auraient pas dû prendre. Marty a dit : « C’est là que la rondelle devrait aller, et c’est pour ça qu’ils vont dans cette direction-là. » C’était intéressant d’avoir son point de vue.

Nigel Kirwan (entraîneur vidéo de longue date du Lightning) : Quand je lui montrais une vidéo, je lui demandais parfois : « Pourquoi as-tu fait ça? ». Il me donnait une explication que je n’avais pas vue, et je me disais, je devrais me taire. La façon dont il voit le jeu, son intelligence pour la game, est bien supérieure à la mienne. Je lui montrais quelque chose sur l’ordinateur, que ce soit dans mon bureau ou dans l’avion, et il me donnait des raisons auxquelles je n’avais jamais pensé ou que je n’avais jamais vues. J’ai donc eu beaucoup de moments où je me suis dit : ‘Oh, mon Dieu, quel brillant esprit de hockey.’

Dan Boyle : C’est mon joueur préféré avec qui j’ai joué, juste à cause de la façon dont il pensait le jeu. C’est pour ça que j’étais certain qu’il ferait un bon entraîneur, parce que sa façon de penser la game est spéciale. Et même si chaque joueur de LNH est très spécial – tout le monde est talentueux, tout le monde peut patiner, tout le monde peut tirer – tout le monde ne l’a pas autant entre les deux oreilles. Et Marty est le joueur de hockey le plus intelligent avec qui j’ai jamais joué.

Kirwan : Pendant toute sa carrière, il coachait dans sa tête.

Boyle : Durant les deux années où j’ai joué avec lui à New York, on vivait ensemble dans le Connecticut et on prenait le train pour aller au MSG. Donc chaque jour de match à New York, je devais m’asseoir dans le train avec Marty et il voulait parler de hockey pendant tout le trajet. Certains jours, ça allait, mais d’autres fois, je me disais : « Marty, décroche » (…) J’étais dans une ville qui s’appelle Greenwich et lui il était à Riverside. On prenait le train et j’étais un arrêt plus loin. Donc j’avais un seul arrêt pour moi, et ensuite c’était Marty pour le reste du chemin.

Kirwan : Je sais que Marty s’est décrit comme un croisement entre Bill Belichick et Ted Lasso. J’ai entendu dire qu’il avait texté ça à certains gars. C’est la rumeur.

St-Louis n’a pas attendu longtemps dans sa carrière pour montrer ses talents de stratège. Dès sa première saison à Tampa, à l’époque où l’Amalie Arena s’appelait l’Ice Palace et où le Lightning n’avait pas le beau vestiaire qu’il a aujourd’hui, il y avait une patinoire tissée dans le tapis. St-Louis l’utilisait pour dessiner des jeux, et il l’a fait pendant des années.

Kirwan : Il y avait des rondelles avec du ruban bleu et rouge, avec les lettres “F” (forwards) et “D” (defencemen) dessus. Presque comme une table de shuffleboard. Marty se levait là et il faisait des diagrammes.

Purcell : Entre les périodes, Marty avait l’habitude d’illustrer différents jeux, où aller, pourquoi il était à découvert à tel moment, comment il faisait bouger les défenseurs. Il se levait au milieu du vestiaire pour nous montrer des jeux, il marchait au milieu du vestiaire avec son bâton à l’envers, comme un aveugle pointant différents endroits. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi passionné et impliqué que Marty. (…) Et si tu ne l’écoutais pas ou si tu ne le faisais pas, il te le faisait savoir.

Vincent Lecavalier : Martin et moi on discutait beaucoup. Après tous les sifflets, et pratiquement à chaque mise en jeu qu’on prenait, il y avait un petit jeu qu’on faisait. Ce n’était pas juste d’essayer de gagner la mise en jeu clean, c’était toujours de voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de compter tout de suite ou pour se défendre.

Steven Stamkos : Marty avait l’un des meilleurs esprits de hockey que j’ai jamais vu dans la ligue.

“Reggie” a manifesté très tôt son intelligence du hockey et il savait aussi l’exprimer franchement. Il a apporté une ambiance différente aux réunions d’équipe du Lightning en engageant des discussions avec le personnel d’entraîneurs et en les mettant au défi de manière constructive. St-Louis aime dire qu’il y a beaucoup de bons jeux à faire, mais quel est le meilleur jeu ? En tant que joueur, il le recherchait sans relâche avec ses entraîneurs.

Halpern : Il en attendait beaucoup de John Tortorella, à tel point que je pense que Torts encourageait le dialogue dans certaines de ces réunions. Quand j’ai été échangé ici pour la première fois, Torts criait quelque chose pendant un meeting, Marty répondait quelque chose. Pas négatif. Mais il disait : « Voici ce à quoi je pensais. » Je n’avais jamais vraiment vu ça avant dans une réunion où un joueur était ouvert comme ça.

Kirwan : Plus Marty gagnait ses galons dans la ligue et qu’il était autour de Torts, où le débat était bienvenu, plus il parlait. Il est donc devenu une sorte de Reggie Dunlop. Ce n’était pas rare qu’on participe à des réunions d’équipe où Torts était sur le podium à parler, à montrer des clips, et Marty posait des questions et parlait aux autres gars, et finalement il prenait le relais de Torts. « Ici il y a une option. » Ça s’est développé tout seul au fil du temps. Je ne me souviens pas que Marty ne se soit pas fait entendre.

Purcell : Il avait un peu de Reggie en lui aussi quand il s’agissait du jeu de puissance. Quel que soit l’entraîneur d’avantage numérique qu’on avait, ils respectaient Marty et il les respectait. Mais il prenait les choses en main lors de certaines réunions. « Voici ce que je vois. » Puis il allait marquer un gros but. Il mettait toujours les entraîneurs au défi – dans le bon sens du terme – et il veillait à ce que les choses ne se figent pas.

Tim Taylor : Il cherchait toujours des moyens différents, surtout sur l’avantage numérique. Au début, quand le bumper était juste un gars dans l’enclave pour dévier les tirs, il a été l’un des premiers à essayer de l’utiliser vraiment comme bumper et pour pousser les gars à l’extérieur de l’enclave, déplacer la rondelle vers cet espace ouvert pour attirer la boîte vers lui, et permettre qu’on puisse mieux pénétrer l’enclave depuis l’extérieur. C’est l’un des premiers gars dont je me souvienne qui était assez créatif pour utiliser le bumper. Maintenant, c’est générique, on voit ça partout dans la ligue.

(AP Photo / Mary Altaffer)

Tortorella, l’entraîneur-chef qui a eu la plus grande influence sur St-Louis, a changé certaines de ses façons de faire avec le temps grâce à lui. Au cours de la saison 2003-2004, celle où le Lightning a remporté la Coupe, les meilleurs joueurs éprouvaient des difficultés et Tortorella les a interpellés lors d’une réunion à leur hôtel d’Ottawa. Après la réunion, Tortorella s’est rendu à l’ascenseur pour retourner à sa chambre. Qui l’attendait ? St-Louis.

John Tortorella : Il était prêt à me tailler en pièces. ‘Eh bien, fais-moi jouer. Je veux plus de minutes. Je vais te montrer.’ Il était en train de me percer un trou dans le corps. C’est ce que j’aimais chez lui; il était honnête. Il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait. Il n’avait pas peur de poser des questions. Il voulait que l’équipe soit meilleure. Il ne vous permettait pas de prendre des raccourcis.

Kirwan : Je me souviens d’un cas précis où il avait réchauffé le banc. On avait perdu le match. Marty est entré dans la salle des entraîneurs et Torts était assis sur le canapé. Il a fait un geste où il utilise son pouce pour indiquer la porte. « Je peux te parler une minute ? » Mike Sullivan était là, Jeff Reese (l’entraîneur des gardiens) était là, Torts était sur le canapé. Torts était comme, « Crisse, viens-tu de me faire le pouce ? » Marty a dit : « Je veux juste te parler. » Ils se sont tous les deux levés et ils ont commencé à se crêper le chignon. Mike Sullivan était nouveau dans l’équipe et il avait les yeux qui lui sortaient de sa tête.

J’ai dû me mettre entre eux, j’ai attrapé Marty et je l’ai poussé dans le couloir. Il était venu parler juste après le match et ce n’était pas le bon moment parce qu’il était sur les nerfs, et Torts était sur les nerfs. Je l’ai fait sortir de la pièce pendant qu’ils s’injuriaient l’un et l’autre. J’ai fermé la porte. Ils ont fini par se calmer et tout s’est bien passé. Mais Marty était un joueur convaincu et Torts était un entraîneur convaincu. Et Torts n’a jamais été rancunier. Il aimait que les joueurs disent ce qu’ils pensent.

Vinny Prospal : Il cassait les couilles des entraîneurs, simplement parce qu’il voulait être sur la glace tout le temps. Il voulait faire les choses d’une certaine manière.

Taylor : Marty est un mini-Torts. Il me rappelle tellement le style avec lequel Torts aime coacher, la façon dont il parle aux médias. Torts était très intelligent, et Marty a beaucoup de similitudes. J’ai ri la première fois. C’était le troisième ou quatrième match où il dirigeait et notre équipe était à Montréal. J’étais là avec Rob DiMaio, on était sur la galerie de presse. Marty s’est approché du banc pour la période d’échauffement et il a posé sa jambe sur le banc, et Torts faisait ça tout le temps. Ce regard sur son visage à regarder qui était là. Ça aurait pu être le visage de Torts parce qu’il était exactement comme lui.

St-Louis est maintenant en position d’implanter sa vision et ses convictions, même s’il compte lui aussi encourager le dialogue avec ses joueurs du Canadien. Mais qu’il soit joueur ou entraîneur, une chose n’a pas changé, et c’est son souci du détail.

Marc Denis : J’étais le gardien numéro un la première année où j’ai été là, mais à partir de ma deuxième saison là-bas, en 2007-08, je me suis retrouvé à jouer beaucoup moins de matchs. Alors on en est venu à travailler beaucoup plus souvent ensemble. Martin est un gars qui ne lésinait pas sur les efforts. Vu que je me retrouvais à être le substitut ou bien le troisième gardien par moments, je travaillais énormément. (…) Martin avait commencé à beaucoup s’en faire avec le travail en espace restreint. Il voulait savoir, par exemple, quand il sortait du coin de patinoire, quelle était la réaction du gardien quand il attaquait le filet de très près. C’est vraiment comme ça qu’on travaillait et c’est vraiment l’élément qui m’a le plus fasciné.

Ryan Malone : Quand j’ai signé à Tampa, même durant les séances avant le camp avec Marty et (Lecavalier) et Vinny Prospal, ils lançaient la rondelle, la mettaient dans certaines zones avec vitesse et mettaient la pédale à fond. Je me disais, ces gars-là pensent le jeu différemment. Marty parlait de détails : si tu envoies la rondelle dans le coin gauche, et que le défenseur est gaucher, tu veux le forcer à aller sur son revers. Ce genre de détail-là va nous permettre de mieux nous anticiper les uns les autres. Lui et Vinny ont dirigé l’entraînement et ils ont donné le ton.

Purcell : Marty était le plus grand rat d’aréna qu’il y avait dans notre équipe. Il changeait ses courbes de bâton ou son équipement. Je me souviens que même lorsqu’il était dans une bonne séquence, il gardait trois bâtons de longueurs différentes dans son casier, ce qui est inouï, parce que si tu changes ton bâton d’un dixième de pouce, tu vas avoir l’impression que c’est un tout nouvel objet. Marty, lui, avait l’habitude de changer ça durant les matchs, avec plusieurs longueurs différentes.

(Larry MacDougal / AP)

Parmi les choses que les grands leaders partagent avec les entraîneurs, le sens de l’imputabilité arrive en tête de liste. St-Louis prenait beaucoup d’espace avec ses idées, sa présence et ses initiatives, mais il y donnait suite. Et en se mettant dans une position où il pouvait en demander beaucoup à ses coéquipiers, il est devenu familier avec ce rôle maintenant qu’il est entraîneur-chef. 

Konopka : Il disait, de manière gentille, « Je sais que tu travailles et je t’adore, mon gars, mais tu ne peux pas faire des revirements comme ça. Tu ne peux pas, ça tue l’équipe. » Il le disait d’une manière où, oui, il te faisait des reproches, mais ce n’était pas comme s’il te prenait à la gorge et commençait à hurler et à crier. Même quand il était en colère, il était très stratégique dans sa façon de parler aux joueurs.

Boyle : Tu n’as pas besoin d’être une superstar de l’équipe pour parler. Je pense qu’il faut juste que tu te prouves. Certains gars parlent, mais ils ne font pas ce qu’ils disent. Je pense que Marty parle et il exécute, il fait les deux. Comment peux-tu attendre de tes coéquipiers et des autres qu’ils fassent quelque chose si tu ne le fais pas toi-même ? Pour moi, c’est ça l’imputabilité. Tous les joueurs ne vont pas traverser un mur à chaque soir pendant 18 ans, ou peu importe le nombre d’années qu’il a joué, mais lui l’a fait. Beaucoup de gars vont prendre quelques soirées de repos, quelques présences de repos. Une tonne de gars le font. Mais Marty n’a probablement jamais pris une seule présence à la légère. Ça, pour moi, c’est l’imputabilité.

Purcell : À mes deux premières années, je cherchais toujours Marty sur la glace. Même s’il était à découvert ou non, je forçais la note en sa direction. Quatre ou cinq ans après le début de ma carrière, j’avais plus confiance en mon jeu, et je n’étais plus aussi ébloui par la vedette. Je savais qu’il était meilleur que moi, mais il fallait aussi que je fasse mes propres lectures de jeu. Je me souviens d’une fois où je l’ai ignoré – j’ai peut-être donné la rondelle à Stammer – et Marty s’est retourné et m’a regardé quand on est revenus au banc. « Teddy, ostie, pourquoi tu ne me l’as pas donnée? Il y a quelques années, tu me l’aurais passée. Maintenant tu penses que tu es trop bon pour me la donner, tu la donnes à Stammer. J’ai 300 buts dans cette ligue moi aussi. Je suis ouvert ! »

J’étais comme, « Jésus Christ, Marty, je sais, je te vois. J’ai juste fait une mauvaise lecture. » On en a ri après, en prenant une bière dans le sauna. Ça montre à quel point il était exigeant en tant que compagnon de trio, mais il m’a rendu meilleur.

Une autre chose qu’il est en mesure de transposer au coaching ? St-Louis a toujours eu le pouls de son équipe. Il savait lire le vestiaire et appuyer sur les bons boutons. Et s’il a toujours pensé que les meilleurs joueurs méritaient une plus grande utilisation, il s’assurait cependant que chaque joueur se sente comme un membre actif de l’équipe.

Tortorella : Il a traversé tellement de circonstances différentes. Il a failli se faire sortir de la ligue, il a été renvoyé dans les mineures, puis il a remporté le trophée Hart, la Coupe Stanley, et maintenant il est au Temple de la renommée. Il est passé par tout le spectre, et il va être en mesure de sentir où en sont ses joueurs individuellement et ce qu’il peut leur donner.

Lecavalier : C’est un gars qui a beaucoup d’idées. Si l’équipe va moins bien, il trouvait un moyen de faire rire les gars. Il est comique aussi, il est très drôle et très créatif. Il va faire des choses pour remonter les gars s’ils sont down. Ou si les choses ne vont pas bien, c’est peut-être aussi d’être plus sérieux et plus tough, mais il choisit bien ses moments pour faire les choses.

André Roy : Il y a bien du monde qui s’en foutent, ils ramassent leur chèque et ils soucient juste d’eux-mêmes, mais Martin essayait de m’aider pour que ma carrière se prolonge. J’avais joué mon hockey mineur contre lui et il me disait « rappelle-toi dans le temps, tu dominais, tu avais un crisse de lancer, sers-toi en! Fais pas juste te battre, big, t’es capable de jouer au hockey! » (…) Il venait me jaser si je n’avais pas joué depuis quelques matchs et me disait : « Ça va André? Lâche pas, tu es important. Tu sais, si t’étais pas là… » Il avait toujours cette façon de te faire sentir bien. J’ai toujours apprécié ça de sa part.

Malone : C’est un très bon danseur aussi. Tu peux l’écrire.

Taylor : C’est la façon dont Reggie Dunlop pouvait encadrer son équipe. Marty a appris d’Andy (Dave Andreychuk) que ton succès dépend du reste de l’équipe. Dans ce film, il y avait différents groupes de joueurs, mais Reggie Dunlop était la force rassembleuse, c’était celui qui les motivait, celui qui disait ‘on va faire les choses de telle façon’.

C’était Marty.

 

(Photo: Bill Wippert/NHLI via Getty Images)



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