Hakeem Olajuwon a 60 ans : sa carrière en 34 points


Hakeem Olajuwon

Considéré comme l’un des meilleurs pivots de tous les temps et, surtout, comme le plus technique de tous (au point de coacher personnellement pléthore de joueurs après sa retraite), Hakeem Olajuwon (60 ans, en ce 21 janvier) a laissé une trace indélébile dans les livres d’histoire de la NBA.

Double champion NBA, double MVP des Finals, MVP de la saison régulière, double Défenseur de l’année, Hall of Famer, All-Star à douze reprises, champion olympique… Il possède un palmarès long comme ses bras, qui lui ont valu de contrer, dévier et intercepter un nombre incalculable de ballons tout au long de ses 18 ans de carrière.

Pour honorer l’un des numéros 34 les plus célèbres de la ligue, Basket USA vous propose donc de revenir sur son riche parcours, en… 34 points.

1978. L’année où Akeem joue pour la première fois au basket. À Sokoto, au nord du Nigeria, des enfants se rassemblent pour faire du sport. La plupart d’entre eux jouent au foot, certains au volley et d’autres au basket. Olajuwon, 15 ans, est gardien de but pour l’équipe de football. Mais un étudiant attiré par sa taille pense à lui pour jouer au basketball. Le début de l’aventure…

1981. Trois ans après sa découverte du basket, le voilà à l’université de Houston. Akeem va faire partie de la plus spectaculaire équipe universitaire de tous les temps : c’est la naissance de la « Phi Slamma Jamma » (la confrérie des dunkeurs fous) ! Avec Clyde Drexler, Michael Young, Larry Micheaux ou encore Greg « Cadillac » Anderson, Olajuwon et sa fac’ détruisent tout sur leur passage avec leurs dunks. Mais cette équipe ne sera jamais récompensée d’un titre NCAA, malgré deux finales en 1983 et 1984…

N°1, 1984. Porté par ses énormes années universitaires et le fait d’être un pivot de grande taille, Akeem Olajuwon est choisi en première position de la Draft 1984. Devant Sam Bowie et un certain Michael Jordan… Il contribuera à faire de cette cuvée l’une des plus belles de l’histoire (Charles Barkley, John Stockton, Alvin Robertson, Sam Perkins, Kevin Williams ou encore Otis Thorpe en sont également issus).

2m08. Annoncé comme un « 7-footer » (2m13), Akeem Olajuwon a pourtant déclaré un jour qu’il se rapprochait plus des 2m08. Une relative petite taille, qui explique encore davantage comment il pouvait avoir de tels appuis et une telle mobilité. Son passé de footballeur l’a aussi bien aidé…

4m37. En parlant de taille, Akeem Olajuwon forme dès sa saison rookie une raquette à la taille inégalée, avec Ralph Sampson (2m24), le rookie de l’année 1984. Combinées, leurs tailles atteignent les… 4m37 ! Une hauteur qui leur vaut le surnom de « Twin Towers ». Quand on sait que Sampson adorait jouer loin du cercle et Olajuwon plus proche, cela donnait un casse-tête impossible à résoudre pour les défenses adverses…

21/12/3. Akeem Olajuwon ne déçoit pas pour sa première saison en NBA. Avec pas moins de 20.6 points, 11.9 rebonds et 2.7 contres de moyenne, il est le seul joueur à éviter le plébiscite de Michael Jordan pour le trophée de Rookie of the Year. L’arrière des Bulls sera élu avec 74% des voix, contre « seulement » 26% pour l’intérieur des Rockets.

Finals 1986. Dès sa deuxième saison, Akeem Olajuwon atteint les Finals. Sur leur route, les Rockets éliminent les Lakers, champions en titre, en finale de conférence (4-1), avec un shoot incroyable de Ralph Sampson. Mais Houston chute contre Boston en six matchs, autrement dit l’une des plus belles équipes de l’histoire NBA. Face au meilleur frontcourt de tous les temps (Larry Bird, Kevin McHale, Robert Parish), « The Dream » fait son maximum : 24.7 points, 11.8 rebonds, 2.3 interceptions et 3.2 contres de moyenne ! Il n’a encore que 23 ans…

26. Ou son plus gros total de rebonds dans un match (saison régulière et playoffs confondus). C’était le 30 avril 1988, face aux Mavericks. Akeem Olajuwon avait capté 19 rebonds défensifs et 7 rebonds offensifs, pour aller avec ses 41 points, 4 contres et 3 interceptions…

52. Ou son plus gros total de points dans un match (saison régulière et playoffs confondus). C’était le 19 avril 1990, face aux Nuggets. Akeem Olajuwon avait terminé à 21/34 aux tirs et 10/13 aux lancers, pour accompagner ses 18 rebonds, 3 interceptions et 3 contres (malgré 11 pertes de balle, 6 fautes et la défaite)…

4. Car il est l’un des quatre joueurs à avoir réussi un quadruple-double. Le 29 mars 1990, Akeem Olajuwon devient le troisième de l’histoire, après Nate Thurmond et Alvin Robertson (puis David Robinson en 1994), à compiler au moins 10 unités dans quatre catégories statistiques. Il rend ainsi une copie de 18 points, 16 rebonds, 11 contres et 10 passes ! Quelques semaines auparavant, le 3 mars, il avait d’ailleurs réussi un match à 29 points, 18 rebonds, 11 contres, 9 passes et 5 interceptions contre Golden State ! Seulement, après vérification, il s’était avéré que « The Dream » avait délivré 10 passes décisives. Curieusement, la ligue valida la 10e passe, mais pas le quadruple-double du pivot…

1991. Le 9 mars 1991, Akeem Olajuwon devient Hakeem Olajuwon pour marquer son changement de religion. Musulman, il étudie le Coran tous les jours, avant puis après les matches, et il fera le Ramadan chaque saison.

5-by-5. Intérieur complet par excellence, Hakeem Olajuwon reste aujourd’hui le roi du 5×5 (ou five-by-five), c’est-à-dire ces matchs où un joueur compile au moins 5 unités dans les cinq principales catégories statistiques (points, rebonds, passes, contres, interceptions). Durant sa carrière, il va en réussir 6, soit le plus grand total de l’histoire. Son plus beau ? Un match contre Seattle, le 10 mars 1987, décidé en double prolongation : 38 points, 17 rebonds, 12 contres, 7 interceptions et 6 passes !!!

1.7. Aucun autre pivot ne fait mieux que les 1.7 interception par rencontre d’Hakeem Olajuwon, dont la moyenne est inégalée pour un poste 5. Sur un match, son record personnel s’élève à 8 ballons volés et il a atteint ce total à trois reprises entre 1987 et 1990.

200. Hakeem Olajuwon est le seul joueur de l’histoire à avoir atteint la barre des 200 contres et des 200 interceptions sur une saison. C’était en 1988/89 et il avait envoyé 282 contres et 213 interceptions. Cela donne donc des moyennes hallucinantes de… 2.6 interceptions et 3.4 contres !!!

12. Contreur d’exception, Hakeem Olajuwon a par deux fois réussi à contrer 12 tirs dans un match. Contre Seattle lors de son immense performance en 1987, puis le 11 novembre 1989 contre Utah. Son record en playoffs s’élève à 10, contre les Lakers en avril 1990. Ces 12 unités correspondent aussi à son record de passes décisives, contre Golden State en 1994.

35. Ou le prix en dollars des chaussures signatures d’Hakeem Olajuwon. Là où les Air Jordan étaient considérées comme un produit de luxe (ou presque) dans les années 1990, les paires d’Olajuwon étaient très abordables. Tout simplement car le pivot des Rockets était lucide et n’avait pas oublié ses origines. « Comment une mère pauvre, avec trois garçons, peut-elle acheter des Nike ou des Reeboks à 120 dollars ? Elle ne peut pas, donc les enfants volent les chaussures des autres enfants. Parfois, ils tuent aussi », expliquait-il ainsi.

1993. Soit l’année de son premier titre de meilleur défenseur de la ligue. Il fera le doublé en 1994, devenant le troisième joueur à réussir pareil exploit à l’époque, après Sidney Moncrief et Dennis Rodman (Dikembe Mutombo, Alonzo Mourning, Ben Wallace, Dwight Howard, Kawhi Leonard et Rudy Gobert les ont imités ensuite).

Triplé. En 1994, il devient le premier (et le seul) joueur à réaliser le triplé MVP / DPOY / MVP des Finals dans la même année. Trois trophées pour une saison de légende, commencée par 15 victoires de suite et terminée par un sacre face aux Knicks…

1994. Soit l’année de son couronnement individuel : 27.3 points, 11.9 rebonds, 3.6 passes, 1.6 interception et 3.7 contres de moyenne, 58 victoires pour les Rockets et donc un titre de MVP logique, devant David Robinson et Scottie Pippen. Il obtient 889 points sur 1010 possibles !

Game 7. Lors des Finals contre les Knicks, il faut un Game 7 aux Rockets pour remporter le premier titre de l’histoire de la franchise. Face à Patrick Ewing (17 points, 10 rebonds, le duel est ultra défensif (90-84) et le génie d’Hakeem Olajuwon (25 points, 10 rebonds, 7 passes, 3 contres) fait finalement la différence. À l’arrivée, cela donne 26.9 points, 9.1 rebonds, 3.6 passes, 1.6 interception et 3.9 contres de moyenne, avec un titre de MVP des Finals dans la besace.

Ramadan 1995. En février 1995, Hakeem Olajuwon réalise un exploit physique, devenant joueur du mois avec 29.5 points, 10.1 rebonds, 3.8 passes, 3.4 contres et 1.4 interception par match. Sauf que, cette année-là, le début du ramadan tombe le 1er février. « The Dream » a donc été le meilleur joueur du mois en faisant le ramadan ! Un exercice pénible physiquement, puisque le calendrier NBA n’est absolument pas adapté aux contraintes religieuses de l’un des cinq piliers de l’Islam.

725. Les playoffs 1995 restent le chef-d’œuvre de la carrière d’Hakeem Olajuwon. Excepté Michael Jordan (759) en 1992, LeBron James (748) en 2018 et Kawhi Leonard (732) en 2019, aucun joueur n’a plus marqué que lui sur un run de playoffs. Techniquement injouable, il va donc totaliser 725 points, éliminant successivement Karl Malone, Charles Barkley, le MVP en titre David Robinson puis Shaquille O’Neal sur son parcours. Irréel.

56. Ou le record de paniers marqués dans une série de Finals disputée en seulement quatre matchs. Contre Orlando en 1995, Hakeem Olajuwon tourne à 32.8 points de moyenne contre Shaquille O’Neal, avec 11.5 rebonds, 5.5 passes, 2.0 interceptions et 2.0 contres. Surtout, il inscrit 56 paniers et boucle quatre matchs de suite à plus de 30 points. Dont une claquette décisive lors du Game 1…

5. Ou sa moyenne de points lors des Jeux olympiques d’Atlanta, disputés en 1996 avec la Dream Team II. Naturalisé depuis 1993, Hakeem Olajuwon a joué sept des huit matchs de cette compétition et il en a commencé deux (12 minutes en moyenne). Il ajoute aussi 3.1 rebonds par rencontre et remporte évidemment la médaille d’or, aux côtés de Shaquille O’Neal, David Robinson, Karl Malone et Charles Barkley. Sacrée raquette…

21. Ou sa meilleure marque au scoring dans un All-Star Game (16 au rebond et 5 au contre). C’était à Chicago en 1988. Nommé 12 fois All-Star et 8 fois dans le cinq de départ, Hakeem Olajuwon marquait en moyenne 9.5 points lors du match des étoiles (avec 7.8 rebonds et 1.9 contre). Mais il n’a jamais été élu MVP de cet événement.

20. L’un des plus beaux hommages rendus à Hakeem Olajuwon est venu de Shaquille O’Neal, jamais le dernier pour critiquer les pivots. Mais « The Dream » a toujours été le seul à trouver grâce chez lui. Il expliquait souvent que le Grand Hakeem avait une palette de mouvements exceptionnelle : « Hakeem a cinq mouvements, dans lesquels il y a à chaque fois quatre autres mouvements. Cela lui donne donc 20 mouvements au total. »

26 511. Soit le record de points des Rockets. Répartis sur 1 177 matchs, les 26 511 points d’Hakeem Olajuwon équivalent à une moyenne de 22.5 unités par rencontre (à 51% de réussite).

3 830. Meilleur contreur de l’histoire (les contres sont comptabilisés depuis 1973/74), Hakeem Olajuwon a encore une énorme marge sur ses poursuivants, puisque le joueur en activité le plus proche est… Serge Ibaka (1 759), plus de 2 000 contres derrière lui ! Sa moyenne en carrière est elle aussi impressionnante : 3.1 contres par match, derrière Mark Eaton (3.5) et Manute Bol (3.3).

Top 10/15. Au moment de sa retraite en 2002, Hakeem Olajuwon était le seul joueur de l’histoire à être présent dans le Top 10 de quatre des cinq principales catégories statistiques : les points, les rebonds, les interceptions et les contres. Depuis, il a été dépassé aux points (12e) et aux rebonds (14e), mais pas aux interceptions (10e) et il reste —et restera sans doute toujours— le numéro un aux contres. Malgré cela, « The Dream » est quand même le seul joueur à être présent dans le Top 15 de quatre des cinq principales catégories statistiques. Preuve ultime qu’il est l’un des plus complets de tous les temps.…

2002. Très logiquement, le maillot d’Hakeem Olajuwon est envoyé le 9 novembre au plafond du Compaq Center (devenu le Toyota Center en 2003). Depuis cette année 2002, aucun joueur ne peut donc plus porter le numéro 34 à Houston.

Hall of Fame 2008. Avec Patrick Ewing et Pat Riley, Hakeem Olajuwon intègre le panthéon du basket lors de la cuvée 2008. L’occasion de couronner une carrière exceptionnelle, commencée 30 ans auparavant, et par hasard, en Afrique. Un honneur pour lui : « Être parmi tous ces grands joueurs et ces légendes, c’est le plus grand honneur qu’un joueur peut recevoir. »

Coach. À partir de 2009, Hakeem Olajuwon est devenu le professeur le plus écouté et le plus visité de la ligue. Chaque été, il a donné des conseils à des joueurs NBA, et pas n’importe lesquels : des MVP comme Kobe Bryant et LeBron James, un triple DPOY comme Dwight Howard, ou un attaquant de renom comme Carmelo Anthony, et bien d’autres encore… Objectif de ces séances d’entraînement à Houston : emmagasiner les connaissances, les mouvements et les astuces d’un joueur de légende, qui fait preuve de beaucoup d’humilité et de pédagogie dans cet exercice.

NBA 75. Sans surprise, l’immense Hakeem Olajuwon a été nommé parmi les 75 (ou plutôt 76) meilleurs joueurs de l’histoire en octobre 2021, après avoir déjà été nommé parmi les 50 meilleurs en 1996. Formidable ambassadeur de la balle orange et de la NBA en Afrique, cette (énième) distinction fait d’ailleurs de lui le seul Africain de la liste.

Zéro. Car oui : aucun autre pivot n’a atteint le niveau technique d’Hakeem Olajuwon. Tous les ans, à la Draft, les comparaisons avec des anciennes gloires ou des joueurs actuels affluent, mais jamais un joueur n’a été comparé à lui. Certes, ce serait osé, mais on a bien eu droit pendant des années à des « nouveaux Michael Jordan »… Avec un style de jeu tellement personnel, Olajuwon a marqué l’histoire du basket et on ne voit pas, aujourd’hui, qui pourrait le remplacer (même Joel Embiid). Il n’y a eu, il n’y a et il n’y aura qu’un seul et unique Hakeem « The Dream » !

Hakeem OlajuwonPourcentageRebonds
SaisonEquipeMJMinTirs3ptsLFOffDefTotPdFteIntBpCtPts
1984-85HOU823653.80.061.35.46.511.91.44.21.22.92.720.6
1985-86HOU683652.60.064.64.96.611.52.04.02.02.93.423.5
1986-87HOU753750.820.070.24.27.211.42.93.91.93.03.423.4
1987-88HOU793651.40.069.53.88.312.12.14.12.13.12.722.9
1988-89HOU823750.80.069.64.19.413.51.84.02.63.43.424.8
1989-90HOU823850.116.771.33.710.414.02.83.82.13.94.624.3
1990-91HOU563750.80.076.93.99.813.82.34.02.23.14.021.2
1991-92HOU703850.20.076.63.58.612.12.23.81.82.74.321.6
1992-93HOU824052.90.077.93.59.613.03.63.71.83.24.226.1
1993-94 HOU804152.842.171.62.99.111.93.63.61.63.43.727.3
1994-95HOU724051.718.875.62.48.410.83.53.51.93.33.427.9
1995-96HOU723951.421.472.42.48.410.93.63.41.63.42.926.9
1996-97HOU783751.031.378.72.27.09.23.03.21.53.62.223.2
1997-98HOU473548.30.075.52.57.39.83.03.21.82.72.016.4
1998-99HOU503651.430.871.72.17.49.61.83.21.62.82.518.9
1999-00HOU442445.80.061.61.54.86.21.42.00.91.71.610.3
2000-01HOU582749.80.062.12.15.37.41.22.41.21.41.511.9
2001-02TOR612346.40.056.01.64.46.01.12.41.21.61.57.1
Total 12383651.220.271.23.37.911.12.53.51.83.03.121.8

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